Différences entre consultation et analyse

Histoire de la consultation philosophique

La consultation philosophique est née en 1981 en Allemagne avec Gerd Achenbach qui entendait alors rendre la philosophie plus accessible au public et en même temps revenir à la maïeutique socratique. Puis la consultation philosophique s’est développée au Royaume-Uni, aux États-Unis et en Italie où il existe des Masters de consultation philosophique. Elle existe aussi aujourd’hui en France et les intervenants de l’association la Philosophie en pratique sont tous des consultants philosophes.

La consultation philosophique s’inscrit dans un mouvement de philosophie populaire et de philosophie pratique qui se développe dans le monde entier depuis quelques années comme en témoigne la journée mondiale de la philosophie organisée tous les ans à l’Unesco depuis 2002 et à laquelle participent plus de 70 pays.

Différences et points communs entre une consultation philosophique et une analyse ou psychanalyse:

La consultation philosophique comme l’analyse, permet au consulté ou au patient de prendre conscience de ce qui le détermine, de le mettre au jour pour mieux s’en dégager et cela peut entrainer une libération, une plus grande « puissance d’exister et d’agir » comme disait Spinoza.

Mais comme on peut toujours augmenter sa « puissance d’exister et d’agir » la consultation philosophique s’adresse à tous et il n’est pas besoin de souffrir d’une pathologie ou d’un malêtre particulier pour s’y essayer. En outre ces consultations n’ont pas besoin d’être reproduites avec la régularité souvent hebdomadaire des séances de psychanalyse. Il est possible qu’après une consultation philosophique on s’en tienne là. Il est possible aussi d’en faire une puis de l’analyser à partir de la vidéo (les consultations sont généralement filmées). Cette analyse pourra conduire à une nouvelle question qui fera éventuellement l’objet d’une nouvelle consultation mais sans que cela ne s’inscrive jamais dans une démarche routinière.

Contrairement à la démarche psychanalytique le philosophe consultant n’invite pas le consulté à se raconter. Il ne s’agit pas non plus d’aller chercher dans son inconscient des pensées refoulées. Le discours pris en charge dans la consultation philosophique n’est pas narratif mais logique. Il s’agit de formuler des idées et d’examiner leur cohérence, de trouver des arguments et non pas de raconter. Le consulté est invité à observer les contradictions de son système de représentations ou au contraire ses cohérences. Il établit des liens entre tel et tel présupposé, il essaie aussi de penser son impensable en argumentant une idée qu’il ne partage pas a priori et en observant où cela le mène. Il est conduit régulièrement à s’observer de l’extérieur en se demandant ce que monsieur-tout-le-monde penserait de ce qu’il affirme.

La consultation philosophique ne reste pas dans la singularité subjective d’un homme ou d’une femme qui se raconte comme c’est le cas dans la psychanalyse mais elle fait sans cesse passer du singulier au général, du subjectif à l’objectif. L’idée étant de se comprendre en établissant le recul nécessaire pour se voir fonctionner.